Statut freelance : lequel choisir en 2026 (micro-entreprise, EURL, SASU, portage)
Freelance n'est pas un statut juridique. Micro-entreprise, EURL, SASU ou portage salarial : plafonds, cotisations 2026, avantages et le bon choix selon ton TJM.
Par Guillaume Tonet, fondateur de FreelanceMention
Première chose à savoir : freelance n'est pas un statut juridique. C'est une façon de travailler, à ton compte, en vendant des missions. Pour facturer, il te faut un vrai statut. En France, quatre options couvrent presque tous les cas : la micro-entreprise, l'EURL, la SASU et le portage salarial.
Le bon choix dépend surtout de deux chiffres : le chiffre d'affaires que tu vises, et tes frais. Voici comment trancher, avec les chiffres 2026.
Les 4 statuts en un tableau
| Micro-entreprise | EURL (à l'IS) | SASU | Portage salarial | |
|---|---|---|---|---|
| Création | Gratuite, en ligne | Statuts, capital, annonce légale | Statuts, capital, annonce légale | Contrat avec une société de portage |
| Plafond de chiffre d'affaires | 83 600 € (services) | Aucun | Aucun | Aucun |
| Cotisations | % du chiffre d'affaires encaissé | Sur la rémunération du gérant (TNS) | Sur le salaire du président (assimilé salarié) | Cotisations salariales et patronales |
| Frais professionnels | Non déductibles | Déductibles | Déductibles | Remboursés selon le contrat |
| Comptabilité | Minimale | Expert-comptable conseillé | Expert-comptable conseillé | Gérée par la société de portage |
| Chômage | Non (hors droits acquis avant) | Non (hors droits acquis avant) | Non (hors droits acquis avant) | Oui, tu cotises |
| Pour qui | Débuter, tester, revenu modéré | Revenu élevé, frais réels | Revenu élevé, recherche de protection | Sécurité, mission ponctuelle |
La micro-entreprise : le point de départ
C'est le statut de la majorité des freelances qui se lancent, et pour de bonnes raisons :
- Création gratuite sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr).
- Cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires encaissé : pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations. En 2026, c'est 25,6 % pour une profession libérale non réglementée (le cas de la plupart des freelances tech, marketing ou conseil), 23,2 % pour une profession réglementée affiliée à la Cipav, 21,2 % pour une prestation de services commerciale (BIC).
- Franchise de TVA tant que ton chiffre d'affaires reste sous 37 500 € sur l'année précédente. Si tu dépasses 41 250 € dans l'année, la TVA est due dès le jour du dépassement.
- Comptabilité minimale : un livre des recettes et tes factures.
Ses deux limites sont simples. Tes frais ne sont pas déductibles (un abattement forfaitaire est appliqué pour l'impôt, quels que soient tes frais réels). Et le plafond : 83 600 € de chiffre d'affaires par an pour les prestations de services.
Le plafond, traduit en jours facturés
C'est le calcul que peu de gens font avant de se lancer :
| TJM | Jours pour atteindre le plafond |
|---|---|
| 350 € | 238 jours |
| 400 € | 209 jours |
| 500 € | 167 jours |
| 600 € | 139 jours |
| 700 € | 119 jours |
Le TJM médian des missions freelance que nous détectons est de 500 € par jour. À ce tarif, une année presque pleine (180 à 200 jours) dépasse le plafond. Si c'est ton cas, la micro-entreprise est un statut de démarrage, pas un statut cible. Calcule ton propre cas avec le simulateur TJM.
EURL ou SASU : quand ton chiffre d'affaires décolle
Les deux sont des sociétés à associé unique. Elles n'ont pas de plafond, tes frais deviennent déductibles, et ton patrimoine personnel est séparé de celui de la société. Elles demandent des statuts, un capital (il peut être symbolique), une annonce légale et en pratique un expert-comptable.
La vraie différence est sociale :
- En EURL, le gérant est travailleur non salarié (TNS). Pour un même revenu, il paie nettement moins de cotisations qu'un président de SASU, avec une protection sociale plus légère. Les dividendes au-delà de 10 % du capital supportent des cotisations sociales.
- En SASU, le président est assimilé salarié : cotisations plus élevées, protection proche de celle d'un salarié (hors chômage). Il peut se verser peu de salaire et davantage de dividendes, soumis au prélèvement forfaitaire.
Il n'y a pas de gagnant universel. À partir du moment où tu dépasses le plafond micro, demande une simulation chiffrée à un expert-comptable sur ton revenu cible : c'est quelques centaines d'euros qui peuvent en économiser plusieurs milliers.
Le portage salarial : freelance avec un contrat de travail
En portage, tu trouves tes missions et tu négocies ton TJM, mais c'est la société de portage qui facture le client. Elle te reverse un salaire, après ses frais de gestion et les cotisations. Tu es salarié : tu cotises au chômage et à la retraite comme un salarié, et tu n'as aucune gestion administrative.
En contrepartie, le revenu net est plus faible qu'en société pour un même TJM, à cause des cotisations salariales et patronales et des frais de gestion. Compare les frais de plusieurs sociétés avant de signer : ils varient de l'une à l'autre.
Le portage a du sens pour une première mission, une activité ponctuelle, ou si tu veux tester le freelance sans perdre ta couverture chômage. Certains clients, notamment des grands comptes, l'acceptent aussi plus facilement qu'une micro-entreprise.
Comment choisir, selon ton profil
- Tu testes le freelance ou tu vises moins de 83 600 € par an : micro-entreprise.
- Tu as une première mission longue et tu veux garder une sécurité : portage salarial, puis société quand l'activité est stable.
- Tu vises une année pleine à plus de 450 € par jour : EURL ou SASU dès que possible, après simulation.
- Tu as des frais importants (matériel, déplacements, sous-traitance) : une société, pour les déduire.
Tu peux changer de statut plus tard. Beaucoup de freelances démarrent en micro-entreprise et passent en société au bout d'un ou deux ans.
Les démarches pour devenir freelance
- Choisis ton statut et vérifie tes droits au chômage avec France Travail avant de créer (le moment de la création compte).
- Crée ton entreprise sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr), ou signe avec une société de portage.
- Ouvre un compte bancaire dédié (obligatoire en micro-entreprise au-delà de 10 000 € de chiffre d'affaires deux années de suite, indispensable en société).
- Prépare ta facturation : mentions obligatoires, numérotation, et la facturation électronique, que tu dois déjà pouvoir recevoir depuis septembre 2026.
- Fixe ton TJM avec la méthode de calcul.
- Trouve ta première mission : le guide.
L'essentiel
Freelance n'est pas un statut. Pour démarrer, la micro-entreprise suffit, mais son plafond de 83 600 € tombe vite avec un TJM au-dessus de 450 €. Ensuite, EURL ou SASU selon le revenu et la protection voulus, ou le portage si tu préfères la sécurité d'un contrat de travail. Le statut se règle en une semaine. Le vrai sujet, c'est le flux de missions : FreelanceMention t'alerte dès qu'une mission de ton métier est publiée sur LinkedIn.
Questions fréquentes
Freelance, c'est un statut juridique ?
Non. Freelance (ou indépendant) décrit une façon de travailler : tu vends des missions à des clients sans être leur salarié. Juridiquement, tu exerces sous un statut précis : micro-entreprise, entreprise individuelle au réel, EURL, SASU, ou salarié porté via une société de portage.
Quel est le meilleur statut pour débuter en freelance ?
La micro-entreprise, dans la plupart des cas : création gratuite en ligne, cotisations calculées sur le chiffre d'affaires encaissé, comptabilité minimale. Elle devient limitante quand le chiffre d'affaires approche du plafond ou quand tu as beaucoup de frais.
Quel est le plafond de la micro-entreprise en 2026 ?
Pour les prestations de services et les professions libérales, le plafond est de 83 600 € de chiffre d'affaires annuel. À 500 € par jour, il est atteint en 167 jours facturés.
Combien de cotisations en micro-entreprise en 2026 ?
25,6 % du chiffre d'affaires pour une profession libérale non réglementée (SSI), 23,2 % pour une profession libérale réglementée affiliée à la Cipav, 21,2 % pour une prestation de services commerciale (BIC). S'y ajoute la contribution à la formation professionnelle.
SASU ou EURL pour un freelance ?
En EURL, le gérant est travailleur non salarié : moins de cotisations pour un même revenu, une protection sociale plus légère. En SASU, le président est assimilé salarié : cotisations plus élevées, meilleure protection, et la possibilité de se rémunérer surtout en dividendes. Le bon choix dépend du revenu visé : fais faire une simulation par un expert-comptable.
Peut-on garder le chômage en devenant freelance ?
Oui, sous conditions. En micro-entreprise ou en société, tu peux cumuler une partie de tes allocations avec ton activité, ou demander une partie de tes droits en capital (ARCE). En portage salarial, tu restes salarié et tu cotises au chômage. Vérifie ta situation avec France Travail avant de créer.
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